#LA PRESCRIPTION EN MATIERE CRIMINELLE

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:INTÉRESSANTE RÉPONSE SUR CE POINT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL (QPC)

(JUR) QPC : point de départ de la prescription de l’action publique

L’article 7 du Code de procédure pénale prévoit qu’en matière de crime et sous réserve des dispositions de l’article 213-5 du Code pénal, l’action publique se prescrit par dix années révolues à compter du jour où le crime a été commis si, dans cet intervalle, il n’a été fait aucun acte d’instruction ou de poursuite.

Selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation, la prescription des infractions continues, dont l’élément matériel se prolonge dans le temps par la réitération constante de la volonté coupable de l’auteur, ne court qu’à partir du jour où elles ont pris fin dans leurs actes constitutifs et dans leurs effets.

Si, dans leur très grande majorité, les textes pris en matière de procédure pénale dans la législation républicaine intervenue avant l’entrée en vigueur de la Constitution de 1946 comportent des dispositions relatives à la prescription de l’action publique en matière criminelle, la prescription a été écartée, deux fois au moins, par les lois du 9 mars 1928 et du 13 janvier 1938 pour certains crimes.

Dès lors, le principe invoqué ne saurait être regardé comme un principe fondamental reconnu par les lois de la République.
En revanche, il résulte du principe de nécessité des peines, protégé par l’article 8 de la Déclaration de 1789, et de la garantie des droits, proclamée par l’article 16 de la même déclaration, un principe selon lequel, en matière pénale, il appartient au législateur, afin de tenir compte des conséquences attachées à l’écoulement du temps, de fixer des règles relatives à la prescription de l’action publique qui ne soient pas manifestement inadaptées à la nature ou à la gravité des infractions.

Les dispositions contestées ont pour seul effet de fixer le point de départ du délai de prescription des infractions continues au jour où l’infraction a pris fin dans ses actes constitutifs et dans ses effets. En prévoyant que ces infractions ne peuvent commencer à se prescrire tant qu’elles sont en train de se commettre, les dispositions contestées fixent des règles qui ne sont pas manifestement inadaptées à la nature de ces infractions.

Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte pas de ces dispositions une impossibilité pour une personne poursuivie pour une infraction continue de démontrer que cette infraction a pris fin, le juge pénal appréciant souverainement les éléments qui lui sont soumis afin de déterminer la date à laquelle l’infraction a cessé.

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Bruno Dravet

Me Bruno Dravet a créé son Cabinet d'Avocat à Toulon (Var) au début des années 80, après des études supérieures à la Faculté de droit d'Aix en Provence. Il est marié et père de famille. Il vit dans le village provençal du Revest-les-Eaux.

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