l’épidémie de rodéo urbain tue aussi

l’épidémie de rodéo urbain tue aussi

Category : Droit des victimes

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TRIBUNE DE jOHANNE COLLARD -repris ici dans ce blog par M° B Dravet

L’ÉPIDÉMIE DE RODÉOS SAUVAGE CONTINUE À TUER DANS NOTRE PAYS. NI LE COVID-19, NI LE CONFINEMENT N’ONT TUÉ CE SINGULIER VIRUS. IL SE TROUVE TOUJOURS AUTANT DE PILOTES DE DEUX ROUES À CONFONDRE L’ESPACE PUBLIC AVEC UNE ARÈNE SANGLANTE. A CONSIDÉRER LA MISE EN DANGER DE LA VIE D’AUTRUI COMME L’EXPRESSION ULTIME DE LA LIBERTÉ.

A Strasbourg, deux gamines de 10 et 11 ans viennent d’être percutées par un motard en pleine exhibition sauvage. La veille, à Nantes comme à Argenteuil, les victimes étaient deux adeptes de ces rodéos urbains. Au stade de France, près de Paris, c’est un policier qui a trouvé la mort en poursuivant un motocycliste déchaîné. A Nice, à Lyon, à Évreux, les courses-poursuites et les affrontements avec les forces de l’ordre se multiplient.

L’épidémie de rodéos sauvage continue à tuer dans notre pays. Ni le Covid-19, ni le confinement n’ont tué ce singulier virus. La loi votée il y a plus d’un an pour aggraver les sanctions contre les participants à ces rassemblements, est restée impuissante. Il se trouve toujours autant de pilotes de deux roues à confondre l’espace public avec une arène sanglante. A considérer la mise en danger de la vie d’autrui comme l’expression ultime de la liberté.

Si la loi reste impuissante, si la bêtise continue de triompher, c’est parce que l’opinion publique n’est pas mobilisée. Il en va des rodéos sauvages comme de la mort sur la route. Les bilans désastreux se sont succédé pendant des années, le sang a continué de couler dans l’indifférence générale. Tout a changé quand la parole des victimes a pu attendre les médias. Quand on a vu les ravages de la délinquance routière sur les corps, dans les familles, dans tout un pays.

AUJOURD’HUI LES VICTIMES DES RODÉOS SAUVAGES N’ONT TOUJOURS PAS VOIX AU CHAPITRE

Les médias préfèrent gloser sans fin sur la pandémie de Covid-19, spéculer sur les plaintes contre les ministres, sur les procès contre la fatalité. On n’a pas de temps d’antenne, ni d’attention pour ce qui se passe dans nos rues, pour les enfants que des abrutis casqués envoient à l’hôpital.

Je me battrai contre cette indifférence. Comme je me suis battue depuis quarante ans face à la mort sur la route. Pour que les rodéos sauvages cessent d’être un « phénomène de société », voire un prétexte à photo spectaculaire. Pour que leurs victimes soient entendues, leurs ravages connus. Pour que les motards concernés cessent de se prendre pour les héros de joutes innocentes. Pour qu’ils sachent qu’ils sont, comme tout chauffard, des assassins en puissance.


About Author

Bruno Dravet

Me Bruno Dravet a créé son Cabinet d'Avocat à Toulon (Var) au début des années 80, après des études supérieures à la Faculté de droit d'Aix en Provence. Il est marié et père de famille. Il vit dans le village provençal du Revest-les-Eaux.

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