l’infirmière obligé de quitter son logement durant le covid

l’infirmière obligé de quitter son logement durant le covid

L’infirmière avait dû quitter son logement pendant le confinement : ses propriétaires relaxés

Le procureur, fustigeant un «véritable harcèlement» à l’encontre de la soignante, avait pourtant réclamé de la prison avec sursis à l’encontre de ce couple âgé héraultais.Par Le Figaro avec AFP Publié le 29 juin 2020 à 19:00, mis à jour hier à 12:50

En avril, en pleine pandémie de coronavirus, Mélina, une soignante héraultaise de 37 ans, avait déclaré avoir été obligée de quitter son logement car ses propriétaires la harcelaient en raison de son métier. Ce lundi 29 juin, le tribunal correctionnel de Montpellier a pourtant relaxé ses anciens propriétaires. Le couple, une femme de 76 ans et son compagnon de 80 ans, a simplement été condamné à 50 euros d’amende avec sursis pour «dégradation» légère d’un bien.À lire aussi : L’hôpital redescend dans la rue, pour quelques milliards de plus

S’ils ont reconnu un conflit avec leur locataire, notamment autour du nombre de personnes occupant leur logement de Montarnaud, une petite commune située au nord de Montpellier, ils ont nié toute relation avec le métier de Mélina. Le tribunal n’a pas non plus retenu ce lien et n’a pas reconnu la constitution de partie civile du CHU de Montpellier et de l’ordre départemental des infirmiers.

«Un emballement médiatique et judiciaire»

Devant la presse, Me Jean-Christophe Legros, l’avocat des propriétaires, s’est déclaré satisfait de la relaxe qu’il avait réclamée, dénonçant dans cette affaire un «emballement médiatique et judiciaire» et «une information déformée». Le dossier avait provoqué beaucoup d’émoi dans le pays au moment où les soignants étaient en première ligne dans la lutte contre la pandémie. «Ce qu’ont fait ces gens est abject», avait ainsi déclaré Julien Denormandie, le ministre chargé du Logement, à La Provence .À lire aussi : Coronavirus: les soignants parfois aussi victimes de rejet, Édouard Philippe déplore des «mots scandaleux»

Selon le procureur, la situation avait «dégénéré» lorsque l’infirmière anesthésiste du CHU de Montpellier avait installé dans son appartement sa fille, sa mère et son compagnon, elle-même choisissant d’occuper le studio de sa fille pour se rapprocher de son lieu de travail. Fustigeant «un véritable harcèlement», il a requis trois mois de prison avec sursis et 2000 euros d’amende contre la septuagénaire et un mois de prison avec sursis contre son compagnon octogénaire.

«Au départ, c’était dirigé contre ma mère et ma fille», a expliqué à la barre Mélina, en évoquant une altercation initiale le 23 mars entre sa mère, venue d’une résidence seniors, et la propriétaire, à propos de la présence d’un chien et du nombre d’occupants du logement. «Il m’a fallu aller déménager en plein confinement, en pleine nuit», a-t-elle expliqué, affirmant avoir ainsi «accumulé de la fatigue» alors qu’elle était sollicitée pendant de longues heures en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus.


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Bruno Dravet

Me Bruno Dravet a créé son Cabinet d'Avocat à Toulon (Var) au début des années 80, après des études supérieures à la Faculté de droit d'Aix en Provence. Il est marié et père de famille. Il vit dans le village provençal du Revest-les-Eaux.

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